Mardi 15 avril 2008


Par Gilles Donada 

J’ai eu l’heur d’interviewer Fabrice Hadjadj, jeune philosophe, dramaturge, et père de famille, converti au christianisme, qui vient de publier “La profondeur des sexes, pour une mystique de la chair” (éditions du Seuil). Une livre exigeant, brillant, tranchant et drôle qui réunifie charnel et spirituel en développant - ô bienfait ! - “une morale qui se moque de la morale”.  On peut également lire chaque mois ses savoureux instantanés, intitulés “Mes prochains”, dans Panorama.

Dans son chapitre “défense de l’adultère ou que le mariage est une aventure”, il donne la parole au point de vue libertin qui “s’évertue à être fidèle à son coeur si muable. S’il change de fidélité, c’est pour ne pas être parjure.” (page 134)

“Pourquoi changer [de femme] puisqu’elle change d’elle-même ? lui répond Hadjadj. Et ce changement seul est une véritable croissance, riche de nouveauté. […] Puisque ma femme change en même temps que moi, pourquoi ne pas l’aimer d’un amour toujours neuf ? Avec elle j’aurai aimé une jeune, une fiancée, une femme, une actrice, une mère, une dame, une vieille dame, qui sait ? une morte, une ressuscitée… ” (page 135).

Puis Fabrice Hadjadj rapporte cette anecdote tirée de monde littéraire ”"J’avais un ami qui ne voulait pas se marier, raconte [l’écrivain Jean Paulhan]. Il me disait : “Quand on se marie, il faut renoncer à toutes les femmes, sauf une”. Je savais très bien lui répondre : “Quand on ne se marie pas, l’on renonce à toutes femmes, plus une”.  Il n’allait pas assez loin, corrige Fabrice Hadjadj. Je suggère une réponse plus réaliste : quand on se marie, on accueille toutes les femmes, en une. Mais il faut être assez contemplatif pour s’en apercevoir. Et assez endurant.”

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Vendredi 11 avril 2008


Par Timothée Duboc

L’article qu’Isabelle O’Neill consacre cette semaine au sommeil du couple (”Pas facile de dormir à deux”), dans les pages Famille, lève un coin du voile sur la chambre à coucher, lieu par excellence de l’intimité du couple. Qui l’eût cru ? C’est aussi un espace culturel, voire le lieu des particularismes nationaux.

En matière de literie, les Français sont ainsi très attachés au lit double (entre 20 et 65 ans, 96 % des couples revendiquent le fait de dormir dans un lit à deux places, selon une récente étude de l’association pour la promotion de la literie). Et cela, dans un lit de 140 cm de largeur pour 60 % d’entre eux. Les couples américains préfèrent, eux l’”extra king size”, les Allemands partagent la même chambre mais ont des lits séparés…

La “norme” semble peser sur les esprits au point que ceux qui dorment mal à deux (25 % des couples, d’après l’enquête) ont bien des réticences à envisager de faire lit à part. Et l’on ne parle pas ici de faire chambre à part, comme le font de plus en plus de couples outre-atlantique.  “La faute au cinéma”, écrit le thérapeute conjugal Robert Neuburger, interrogé par Isabelle O’Neill. Car l’image associée à la notion d’amour conjugal est, dans nos représentations contemporaines, celle d’un couple enlacé.  Dès lors, peut-on aller contre un tel fait culturel ? Peut-on s’aimer et préférer dormir séparé ? C’est loin d’être évident, dans un pays peuplé d’incorrigibles romantiques… 

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Mercredi 9 avril 2008


Par Gilles Donada 

Entretien passionnant avec le Dr Claudine Onfray, gynécologue à propos des questions de fertilité humaine. Aujourd’hui, de plus en plus de couples ont recours à la procréation médicalement assistée car ils n’arrivent pas à avoir des enfants naturellement.

Le Dr Onfray me communique les chiffres suivants : lorsque la femme est âgée de 25 à 29 ans, le pourcentage de couples stériles est de 7 %. Ce pourcentage passe à 11 % pour la tranche 30-44 ans ; 33 % pour celle des 35-39 ans ; et 87 % de couple stérile quand la femme est âgée entre 40 et 44 ans…

La première raison tient à l’âge moyen de la première grossesse (en 2007, on approche des 30 ans). D’où le message à destination du grand public : “N’attendez pas trop longtemps pour avoir des enfants“, comme l’écrit le professeur François Olivennes dans son dernier livre.  

Plus facile à dire qu’à faire quand les études se prolongent, la carrière tarde à décoller et l’autonomie financière recule comme la ligne d’horizon. Certes, tout serait plus simple si on donnait foi à ce proverbe argentin : “Chaque enfant naît avec un pain sous le bras”. Sous-entendu : les parents trouveront les moyens matériels d’accueillir leur bébé…

Mais, ajoute le Dr Onfray, il y a une autre raison à cette menace sur la fertilité, notamment masculine,  c’est l’influence nocive des pesticides et des différentes types de pollution (alcool et tabac y compris….).

Ce problème d’infertilité croissante ne concerne pas seulement les humains. ”Des espèces animales, constate le Dr Onfray, sont déjà fortement touchées par ce phénomène et ceci sur toute l’étendue de la planète  : les ours polaires comme les alligators tropicaux. Ce phénomène est connu depuis plus de 40 ans, il entraîne maintenant des stérilités complètes chez les mâles et de nombreuses autres pathologies.”

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Mardi 8 avril 2008


Par Gilles Donada

Les trois spots radio de Pèlerin diffusés sur RTL et RCF à l’occasion de la sortie de notre numéro spécial Mai 68 viennent de recevoir le “Coup de cœur radio”, décerné par le magazine Stratégies et IP (régie pub de RTL), qui distingue chaque semaine la meilleure pub passée sur RTL. Réjouissant !

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Lundi 7 avril 2008


Par Gilles Donada 

En découvrant jeudi 3 avril, l’article du Monde consacré au lycée Ronsard de Vendôme, un frisson glacé parcourt mon échine. Je lis : “96 % des élèves ont décroché leur diplôme” du bac. Or, dans mon reportage sur le même lycée Ronsard dans le cadre de notre dossier Mai 68,  j’ai indiqué dans l’article - et dans la bouche du proviseur, M. Alfred Piélot, qui plus est ! - que ce chiffre est de 82 %. Horreur !

Je compulse fébrilement mon carnet de notes pour retrouver le passage de l’interview concerné. Les notes ne sont pas claires car j’ai relevé l’information en style trop télégraphique. J’envoie aussitôt un mail au proviseur pour lui demander la précision. La réponse est sans ambiguïté :  j’ai donné un chiffre inexact ! J’aurais dû recouper mon information… Aïe, aïe, aïe !

J’en parle à Timothée, mon chef de service (et Ti de TiGiliZ) qui en discute avec Anne, notre rédactice en chef. La décision est prise de publier un erratum dans le 6542 du 17 avril 2008… et sur ce blog !

Voici l’information exacte, reprise du mail de M. Piélot (pas rancunier, il m’apprend qu’il a bien apprécié le dossier, malgré cette bévue) : “Nous avons 96 % de réussite au Bac (12 collés sur 300 élèves), nous avons les meilleurs résultats de toute la région Centre. Les 82 % correspondent aux taux de passage de 2nde en 1ère, alors que pour le département, c’est seulement 80 % , donc il plus facile de passer de 2nde en 1ère au lycée Ronsard. C’est l’explication de notre présentation : le lycée Ronsard, “l’excellence à portée de tous”.”

L’excellence à la portée de tous ? Je devrais peut être faire un stage là-bas, histoire de me remettre à niveau, non ?

En attendant, élève Donada, au piquet !

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Vendredi 4 avril 2008


Par Isabelle Vial

Il fut très intéressant pour nous, qui furent des bébés en Mai 68, de demander aux adolescents d’aujourd’hui ce qu’ils pensaient des “événements”de Mai.

Première surprise : ils connaissent bien l’événement (76% selon notre sondage) ce qui peut paraître étonnant pour des jeunes qui ne sont ni les enfants ni les petits-enfants des soixante-huitards, mais plutôt les “enfants des petits frères des soixante-huitards”, selon le sociologue François Dubet (les enfants de ceux qui ont “fait” Mai 68 ont plutôt entre 30 et 40 ans aujourd’hui).

Autre surprise : les jeunes seraient très majoritairement prêts à refaire Mai 68 ! Sur ce point, le sociologue François Dubet nous éclaira de la façon suivante :

“Les changements de Mai 68 ont été “avalés” , “digérés” par la société française. Il y a davantage de consensus autour de Mai 68 que sur la Commune ou la Révolution Française. Ce n’est pas un clivage radical. Pour les jeunes, les années 60 symbolisent la jeunesse. Ce mouvement leur apparaît comme un combat joyeux. Ce que les jeunes d’aujourd’hui envient de cette époque, c’est le combat pour la liberté. La liberté, c’est joyeux, optimiste, énivrant, on est dans la conquête, on a de l’espoir. Les jeunes d’aujourd’hui, eux,  s’inscrivent dans une société “de libération”, et la libération, c’est moins drôle que le combat pour la liberté : quefaire de cette liberté ? Quelles options prendre ? Quels chemins suivre ?. La libération, à la différence de la liberté, conclut-il, va de pair avec des angoisses.”

Autre interprétation passionnante de notre sondage, délivrée cette fois par le psychiatre Patrice Huerre, qui rencontre des adolescents à longueur d’année : ” Certains adultes d’aujourd’hui préfèrent voir leurs enfants rester immatures, quitte à s’en plaindre, d’ailleurs. D’autant que les adultes souhaitent protéger leurs enfants des dangers de la vie. Car les autoriser à grandir signifierait qu’eux-mêmes (les parents) vieillissent ! Or dans notre société, il vaut mieux rester jeune. Mais comment autoriser ses enfants à grandir si soi-même, on n’accepte pas de vieillir ? ”

Autre constat de Patrice Huerre sur les parents d’aujourd’hui, baignés d’idées post soixante-huitardes : ” Au nom de l’amour qui doit à tout prix régner dans les familles, les adultes n’autorisent plus les jeunes à s’opposer à eux, à entrer en conflit, donc à grandir. Même si personne ne veut revenir en arrière, on s’aperçoit qu’il était plus facile d’en vouloir à ses parents quand ils vous disaient : “Tais-toi !”. Aujourd’hui, les jeunes ne peuvent plus leur en vouloir, ni entrer en conflit avec eux. Du coup, ils retournent parfois cette opposition contre eux en s’automutilant, ou en se mettant en position d’échec scolaire”.

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Jeudi 3 avril 2008


Par Gilles Donada 

L’émission Grand angle de la radio RCF de ce vendredi 4 avril, à 9h, animée par Frédéric Mounier, est consacrée à notre dossier sur Mai 68 (écouter l’émission). Avec en studio :

  • La sociologue Christine Fauré, sociologue et auteur de Mai 68, jour et nuit (Gallimard Découvertes, 2008) et de Mai 68 en France ou la révolte du citoyen disparu (Ed. du Seuil, 2008). Elle est intervenue dans notre séquence “Les objets de la rue” (p. 39)
  • Alain Geismar, leader étudiant de l’époque, syndicaliste enseignant, auteur de Mon Mai 68 (Ed. Perrin, 2008). Interviewé dans notre dossier p. 41 aux côtés d’autres témoins de de l’époque : André Bergeron, ancien secrétaire général du syndicat FO et Maurice Grimaud, préfet de police de Paris (lire leurs témoignages).
  • et votre serviteur…

Et par téléphone : Bernadette Costa-Prades, auteur de Tu te souviens de 68 (Albin Michel, 2008) ; l’écrivain et essayiste Jean-Claude Guillebaud, interviewé dans notre dossier p. 37 (”Les jeunes rapplelent les soixante-huitards à leurs promesses”).

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Jeudi 3 avril 2008


Par Gilles Donada 

Notre grande enquête sur Mai 1968 (Pèlerin n°6540 du jeudi 3 avril 2008) inaugure un rendez-vous annuel que Pèlerin, et son service Famille, veut donner aux lecteurs en publiant un sondage et une enquête qui recueillera le point de vue des jeunes sur notre société. Premier rendez-vous de ce baromètre jeunesse :  l’anniversaire de Mai 1968, vu par les 15-25 ans.

A côté de notre sondage exclusif TNS Sofres, nous voulions rencontrer des jeunes pour qu’ils nous donnent leur opinion sur le mouvement de Mai. L’idée était de mesurer l’écart (ou la proximité) entre la génération 68 et la génération 2008.

Il ne restait plus qu’à trouver un lieu de reportage….  Je suis descendu  à la doc pour tenter de dénicher une ville qui aurait participé aux événements de Mai. En compulsant les dossiers d’archives, j’ai eu la joie de tomber sur une coupure du Monde datée du 28 septembre1968,  et intitulée : “La révolte de mai à travers les livres”.

Dans une recension signée Alain Duhamel, je découvre l’ouvrage du journaliste Georges Chaffard, “Les orages de Mai” (éditions Calmann-Lévy, Paris 1968) qui raconte le mouvement de mai et les élections qui ont suivi dans la circonscription de Vendôme. “Les Vendômois ont fait connaissance avec la “révolution”, écrit Alain Duhamel, le jour où cent cinquante lycéens scandant dans la rue “Libérez la Sorbonne” ont lancé le mouvement bien vite amplifié par des grèves”.

Je tenais mon lieu ! Grâce à une rapide recherche sur internet, j’apprends qu’il n’y a qu’un seul lycée à Vendôme, le lycée Ronsard. Je commande sur une librairie en ligne le livre (épuisé) de Georges Chaffard et j’envoie un e-mail à l’établissement en présentant ma requête.

Après plusieurs jours de silence, je décide d’appeler le proviseur, le charmant M. Alfred Piélot qui est tout à fait partant pour accueillir deux reporters de Pèlerin. Il se charge de trouver deux classes aux profils différents : des Terminales littéraires et des BEP Vente action marchande, qui prépareront la rencontre avec leurs professeurs. Le rêve !

 Le jour J, le photographe Gil Fornet et moi-même (Gil et Gilles !) débarquont à Vendôme, après seulement 40 mn de TGV. Un bus nous dépose devant le campus de l’établissement situé en périphérie.

[Consultez l’album photo
de notre reportage
au Lycée Ronsard de Vendôme]

Le proviseur, M. Alfred Piélot, casquette marine vissée sur le crâne,  nous accompagne visiter l’établissement, qui a déménagé dans les années 1970 du centre ville. Récemment réhabilité, le lycée, distribué en plusieurs bâtiments, est vaste et aéré. Cela donnerait presque envie de retourner en classe !

Au passage, nous découvrons la salle polyvalente, tapissée de briques chaudes, qui permet d’organiser aussi bien des concerts que des conférences, des pièces de théâtre ou des verres de l’amitié.

Justement, ce jour-là, des parents et des professeurs venus d’Espagne partagent un apéritif : durant une quinzaine de jours les parents d’élèves de Ronsard hébergent une classe d’Espagnols qui suivent les cours au lycée. La quinzaine suivante, ce sera au tour des Français d’être reçus dans un établissement et des familles espagnoles…

Deux heures de rencontre avec les lycéens

Dans la salle en U, dix-huit paires d’yeux me fixent. C’est la classe de philosophie (Terminale) de Mme Maï-Linh Eddi.

Je leur explique l’objet et le déroulement de notre recontre. Gil leur prie de l’oublier pendant qu’il se glisse, tel un sioux, autour des tables pour prendre ses clichés. Je les fais réagir aux questions du sondage. Ils sont attentifs, réactifs, prompts à partager leur point de vue dans le respect, même quand ils ne sont franchement pas d’accord. Au bout de deux heures, on convoque même Nietsche et la Bible ! Impressionnant !

Autre ambiance avec la rencontre d’une classe de BEP Pro Vente action marchande, avec leurs professeurs Pascale Goumet-Beauvais (français et histoire-géo) et Yves Marchand (le bien nommé !), professeur de vente et techniques commerciales…

La décoration de la salle est à propos : un “Love” rouge et jaune (me renvoyant au slogan plébiscité par les jeunes dans notre sondage : “Faites l’amour, pas la guerre”) couvre le mur du fond de cette salle, dotée d’une caisse enregistreuse, d’un mannequin pour recréer l’ambiance d’une boutique.  

Plus timides au départ que leurs camarades de Terminale, 17 élèves gagnent en spontanéité et n’hésitent pas à prendre la parole, même si certains ont du mal à trouver leurs mots, pour donner leur avis de façon fine et décontractée.

Moi qui ai l’habitude d’interviewer des adultes, je m’aperçois que j’ai des progrès à faire pour me faire comprendre : je dois reformuler mes expressions par trop sybillines ou abstraites, préciser ma pensée et mes questions, les éclairer par des exemples….

Avec les BEP Pro, Gil a plus de mal à travailler : dès que certains (en fait, certaines…) s’aperçoivent qu’elles sont dans le viseur de son appareil photo les rires et les gloussements fusent et les visages virent au pivoine…

Des jeunes qui veulent être pris au sérieux

Deux profils de classe différents qui produisent le même effet tonifiant sur moi. Je sens chez les uns comme chez les autres,  une énergie, une générosité qui ne demande qu’à trouver un canal pour se diffuser. Cette génération appelle un regard confiant des adultes sur toutes ces potentialités qui ne demandent qu’à être encouragées pour s’exprimer.

Une remarque, lancée par Vincent, élève de Terminale littéraire, m’a frappé. Il expliquait combien il avait été agacé par une boutade du Proviseur, lancée lors d’une rencontre sur le thème de l’orientation : “A votre âge, on tombe amoureux chaque semaine”.

Si Vincent et ses camarades reconnaissent, en riant,  l’influence des hormones sur leur comportement (”ça nous travaille encore !”), ils supportent mal l’idée d’être réduits à cette image.

Derrière cette réaction épidermique, j’ai perçu le désir légitime d’être pris aux sérieux. Au-delà de cette anecdote, je reste frappé par la façon dont les adultes utilisent, parfois inconsciememnt, des arguments qui disqualifient le point de vue des plus jeunes  (”C’est de ton âge !”, “Il faut bien que jeunesse se passe”, “tu verras plus tard…”). Nadège ajoutait : “Sur le plan affectif, nous ne sommes quand même pas si différents des adultes !”

Je partage leur point de vue. Je suis toujours ulcéré par ceux, qui, parmi nous les adultes, ont tendance à projeter sur leurs cadets, leur amertume, leurs remords ou leurs regrets,  leurs illusions perdues, leur peur de l’avenir, plutôt que d’encourager les jeunes en les invitant à déployer leur génie propre et leurs talents.

Et, comme le souligne Nadège, arrêtons d’opposer les adultes et les jeunes, comme si ces derniers venaient d’une autre planète… Aujourd’hui, il est vrai que le terme même de “jeunes” est devenu péjoratif : dans les médias, il est souvent synonyme de “délinquant” ! (”Des bandes de jeunes….”)

Je vous conseille de lire la note qu’Iz de TiGiliZ sur le miroir que nous tendent les jeunes.

Ce reportage fut l’occasion de découvrir les anciens locaux du Lycée Ronsard (aujourd’hui ceux de l’hôtel de ville), situé en plein centre ville, en compagnie d’un guide de choix : Isabelle Renou, proviseur adjoint, qui apris sur son temps de travail pour nous faire la viste. C’est de là que la génération 68, que peignait Georges Chaffard, était partie pour manifester en ville….

Dans le TGV qui nous ramenait vers Paris, j’avais la conviction que la génération vendômoise 2008 avait conservé la même capacité de mobilisation que ses aînés même si ce n’est plus pour les mêmes mots d’ordre.

Lorsque j’ai demandé aux élèves de Ronsard de m’inventer de nouveaux slogans capables de les mobiliser, voici ce qu’ils m’ont répondu :  ”N’aie pas honte de ton passé familial ni de ton pays”, dit Mustafa ; “Réfléchis avant de voter”, improvise Ayhan. “Stop aux inégalités !”, conclut Mégane.

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Mardi 1 avril 2008


Gilles Donada 

Que reste-t-il de Mai 1968 ? Eh bien, je dirais sous forme de boutade : le tandem GiliZ de TiGiliZ ! Je m’explique :  Gil (Gilles, c’est-à-dire celui qui vous écrit présentement) et iZ (Isabelle, ma voisine de derrière) sommes les enfants du fameux mois de mai : Isabelle est née le 1er avril 1968 - c’est aujourd’hui son anniversaire ; reprenons tous en choeur :Jo-yeux-a-nni-ver-saire, Isabelle ! - à Malo-les-Bains (Nord-Pas-de-Calais), et moi le 15 mai 1968 à Paris XIVème. Le Ti de TiGiliZ, en revanche, est moins directement concerné puisqu’il avait 7 ans à l’époque des faits.

Marqués du sceau 68 dès notre naissance, le GiliZ était donc prédestiné à traiter ce dossier Mai 1968 à découvrir dans votre hebdo Pèlerin ce jeudi 3 avril 2008. Nous avons travaillé avec nos amis de la cellule reportage (coucou à Philippe Demenet, France Lebreton et Benoît Fidelin !).

Pour vous mettre en appétit, voici les spots radio (Spot radio 1 Pèlerin mai 68 / Spot radio 2 Pèlerin mai 68 / Spot radio 3 Pèlerin mai 68) qui seront diffusés à partir de jeudi sur RTL, Europe 1, Sud Radio, RCF, Radio Notre-Dame, entre autres.

Notre angle - les 15-25 ans jugent Mai 1968 - nous a permis d’échapper aux querelles des adultes : pour ou contre Mai 1968 ? Pour les jeunes que nous avons interrogés dans notre sondage exclusif Pèlerin TNS Sofres et pour les lycéens que nous avons rencontrés, le sujet ne fait absolument plus débat.

Ce qui nous a laissé tout le loisir d’approfondir leur proximité avec les aspirations et les slogans de Mai 68 mais aussi leur distance vis-à-vis des revendications de leurs aînés. Une enquête passionnante !

Dernière confidence : Mai 68 évoque surtout, pour moi, les affres dans lesquels mes parents ont été plongés le jour de ma naissance.  Né prématuré à 7 mois (oh, le pauv’ chou !) , j’ai dû être transporté d’urgence à l’hôpital dans un Paris hérissé de barricades et de tumultes.

Mon père et ma mère redoutaient que, sur le trajet,  des manifestants se cachent dans l’ambulance pour échapper aux charges des CRS et que ces derniers nettoient l’habitacle à coups de matraques, envoyant valdinguer la précieuse couveuse…

Vous pouvez vérifier hic et nunc que ces craintes étaient infondées !

J’ai grandi dans le récit de ce “roman des origines” que mes parents m’ont souvent raconté à tel point - je m’en rends compte en vous écrivant - que j’ai presque l’impression d’avoir assisté à la scène de la baston entre CRS et étudiants depuis ma couveuse ! Et, à ce jour, je ne sais pas comment s’est déroulé précisément le fameux trajet maternité-hôpital…

Autrement dit (et là, je bascule dans le hors-piste d’une psychanalyse sauvage), j’ai fait miennes les craintes de mes parents au point de leur donner une certaine réalité dans ma vie, du moins en imagination, alors qu’elles ne coïncident pas avec la réalité objective de ce qui s’est passé ce jour-là.

Les psys disent que les bébés sont comme des éponges : ils captent les sentiments - positifs comme négatifs - des parents (ces derniers ne doivent pas culpabliser : les sentiments, ça ne se commande pas !)… En tout cas, il est étonnant de constater combien “un récit familial” influe sur la construction de l’image qu’on a de soi… Bon, j’arrête là cette introspection nombrilesque. Et de toute façon, c’est un autre sujet.

Rendez-vous jeudi en kiosque (ou dans votre boîte à lettres, si vous êtes abonné) et sur ce blog pour la suite des coulisses et des réflexions suscitées par  notre enquête sur Mai 68.

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Vendredi 28 mars 2008


Par Timothée Duboc

Quelle idée avons-nous eue de programmer ce sujet sur les casse-pieds qui paraît cette semaine dans les pages Famille de Pèlerin ? C’était oublier que la ligne éditoriale de notre publication veut que nous nourrissions chaque thème traité par des témoignages… Or, pour avoir mené l’enquête, je peux attester de la difficulté de dénicher trois ou quatre quidams prêts à reconnaître leurs petits ou gros travers et, surtout, prêts à en parler à un journaliste ! C’est qu’en présence de mon bloc-notes, les gros poissons se dérobaient, les bouches se fermaient, les cibles potentielles se carapataient les unes après les autres…

D’aucuns me souffleront que j’aurais pu parler de moi et puiser dans le vivant exemple que je me procure à moi-même - et qu’endure mon entourage - la matière à un témoignage de premier choix. A ceux-là je réponds que c’eût été faire une grave entorse à cette règle journalistique élémentaire que tout membre de la profession respecte scrupuleusement - hormis, à la rigueur, l’éditorialiste de service ou le chroniqueur patenté : un rédacteur n’écrit pas au “je” dans les colonnes de sa publication. C’est pourquoi j’ai préféré m’effacer… Commode argument ? Peut-être, mais tellement imparable que je ne vois aucune raison de m’en priver !

Et puis, il y a ces bourdes que j’ai commises et répétées. Voulant m’ouvrir de mon sujet à tel ou tel collègue en cours d’enquête, en vue d’échanger sur tel ou tel aspect plus ou moins technique, ou bien sollicitant l’analyse d’un expert, j’ai plus d’une fois pris langue avec mon interlocuteur en lui assénant un calamiteux : “Je suis en train d’écrire un article sur les casse-pieds, et j’ai pensé à toi /vous pour éclairer ma lanterne…” Sur certains sujets, sous peine de faire chou blanc, il faut soigner sa communication, je m’en rends compte a posteriori.

Les témoignages que j’ai fini par glaner - précieuses pépites pour l’orpailleur qui sommeille en tout journaliste - ce sont toutes des femmes qui me les ont confiés. Plus “transparentes” et plus prolixes. Plus attentives à la qualité des relations nouées avec l’entourage, peut-être aussi. Plus lucides, plus honnêtes, qui sait ? Et plus exigeantes, selon Maryse Pascau, conseillère conjugale et familiale,  que j’ai interrogée. Lorsqu’un couple consulte pour toutes sortes de difficultés, c’est, dans la très grande majorité des cas, à l’initiative de la femme. Endurant moins volontiers la médiocrité, repérant plus vite le malaise ou la souffrance, elles sont également plus enclines à se remettre en question. Promptes à se plaindre des relations dégradées avec un conjoint colérique, soupçonneux ou centré sur lui-même, elles le sont aussi à pointer leurs propres mauvais côtés. 

Pour finir sur le sujet, deux mots à propos d’un livre sur la “gestion” des “personnalités difficiles au quotidien”, paru il y a quelques mois. Je n’ai pas envie de nommer l’éditeur - qui par ailleurs produit aussi de bons ouvrages. Juste envie de dénoncer une entreprise un peu répugnante, celle, indiquée en quatrième page de couverture et résumée en “l’art de ne plus traîner les boulets” : “le paresseux, le cupide, l’incompétent, le dominateur, l’idiot, le malheureux chronique… (…) que ce soit au sein d’une équipe ou en famille“. Le seul souci affiché par les auteurs, trois consultants en formation et management, est pragmatique : réduire leur capacité de nuisance - celle des “boulets” qui nous pourrissent la vie, entendons-nous bien - avec, au choix, deux possibilités : “les remettre au travail ou oser s’en séparer“.

J’ose espérer que ce trio ne sévit que dans le milieu de l’entreprise (ce qui ne serait d’ailleurs qu’une moitié de consolation)… 

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Mercredi 26 mars 2008


Par Gilles Donada 

Il y a des nouvelles qui font chaud au coeur et que je veux partager avec vous.

Dans notre rubrique De vous à nous, parue dans Pèlerin n°6537 du 13 mars 2008, Marie-Josèphe nous faisait part de son inquiétude et de son désarroi : “Comment aider notre fille qui recherche du travail ?”. Agée de 26 ans et diplômée BAC + 5 , celle-ci  alternait stages, CDD (contrat à durée déterminée) et période de chômage…

 ”Si je vous écris, nous confiait-elle, c’est bien parce que je ne sais vraiment pas à qui en parler et demander conseil et que je me demande combien de temps cette situation va-t-elle durer…”

Dans notre double page, notre conseillère et psychologue Françoise Blaise-Kopp, le responsable d’un service social ainsi que des lecteurs et amis de Pèlerin se sont mobilisés pour apporter témoignages, conseils et offre d’aide concrète à cette mère de famille vendéenne.

J’ai eu le plaisir d’avoir au bout du fil Marie-Josèphe qui m’a appris la bonne nouvelle : sa fille a trouvé un emploi en contrat à durée déterminée chez un éditeur international spécialisé dans le domaine des sciences et techniques, et de la médecine - exactement  le secteur dans lequel elle souhaitait travailler.

Et, bonne nouvelle dans la bonne nouvelle,  son contrat vient d’être transformé en CDI (contrat à durée indéterminée). “C’est une grande joie pour toute notre famille”, m’a confié Marie-Josèphe. “Et pour la famille Pèlerin aussi !”, lui ai-je aussitôt répondu en lui promettant de faire savoir à qui de droit que la galère de sa fille avait pris fin.

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Vendredi 21 mars 2008


Par Gilles Donada 

J’ai toujours cru que vieillesse rimait avec sagesse. C’était sans doute l’image que m’offraient mes grands-parents qui avaient manifestement réfléchi aux choses de la vie…

J’ai découvert une autre facette de la vieillesse lorsque je suis entré comme étudiant à la Sorbonne au début des années 1990.

Nous avions des cours dans le fameux amphithéâtre Richelieu et certains jours, à certaines heures, une fois le cours achevé, il était quasiment impossible de sortir des travées car nous affrontions un contre-courant très puissant : nous étions littéralement bousculés par des hordes de grands-mères et de grands-pères survoltés qui jouaient des coudes pour accaparer les meilleurs places pour les conférences de l’université inter-âges.

Depuis, je suis régulièrement confronté à cette impatience, parfois agressive, dans la file d’attente du supermarché, dans le bus, le métro… Moi, quoi croyais naïvement que vieillesse allait de pair avec politesse, patience, sérénité, recul sur l’agitation quotidienne…

Un nouvel éclairage m’est apparu en préparant un prochain sujet. J’ai interviewé la très intéressante Nancy de la Perrière, qui est l’une des bénévoles en charge des entretiens au sein de l’Ecole des grands-parents européens.

Elle m’expliquait que l’éloignement d’avec les enfants et les petits-enfants étaient très douloureusement vécu (”comme une condamnation à mort prématurée”, dit-elle), non seulement à cause de la coupure des liens affectifs mais aussi à cause de la conception complètement différente du temps vécu par les uns et par les autres.  

Pour les plus jeunes, ce qui compte dans le temps, c’est l’instant d’après. Mais pour certains parmi nos aînés, le temps c’est ce sable qui file entre nos doigts nous rapprochant inéluctablement de l’heure de notre propre fin. Un temps pour bâtir d’un côté, un temps pour mourir de l’autre.

Je comprends mieux, dès lors, l’espèce d’impatience anxieuse qui saisit certains (et certaines) :  tout ce qui n’est pas vécu maintenant est peut-être irrémédiablement perdu.

Et je ne peux m’empêcher de songer à une autre phrase, attribuée à Mère Teresa : “Tout ce qui n’est pas donné est perdu”. Tout donner, même notre temps qui passe.

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Mercredi 19 mars 2008


Par Isabelle Vial

Je vous ai déjà parlé de ma  ziggourat, cette pile de livres à la gauche de mon bureau, qui penche dangereusement au rythme de l’arrivée de livres en provenance de maisons d’édition bien intentionnées. La semaine dernière, j’ai ainsi reçu le livre de l’animatrice de télévision Laurence Boccolini (1).

Et me voici devant un cas de conscience, que je me permets de vous livrer. Voilà une histoire très touchante : on comprend que l’auteur, malgré cinq ans de tentatives, n’arrive pas à avoir un enfant.

Que faire face à un tel livre ? La douleur qu’il recèle doit-elle nous pousser à nous incliner devant lui ? C’est-à-dire à en publier la critique ? Ce qui reviendrait à vous conseiller de l’acheter, puisque nous avons décidé, dans les pages Famille, de ne parler que des livres que nous jugeons utiles, importants ou agréables pour vous.

Or, je le dis franchement, ce n’est pas le cas de ce livre : il tient davantage du bloc d’émotion concentré et du « déballage » de douleur intime. Il ne raconte rien, hormis des anecdotes sur le malheur de l’auteur, sur l’injustice de ce malheur, et sur les trucs bêtes qu’un tel malheur la conduit à faire… Cela valait-il ce livre ? Quel besoin de mettre sur la place publique ce qui aurait dû rester dans l’intimité partagée d’une famille, d’une amitié ou de solidarités de proches ?

Si c’était aussi simple, je n’aurais pas de scrupules à le faire glisser vers la « ziggourat » des livres dont nous ne parlerons pas. D’où vient alors le malaise ? C’est que Laurence Boccolini touche juste : son histoire est dramatique, ce problème est tabou, on aimerait lui dire que ça va aller et on sent bien qu’on n’y peut rien… On perçoit que cette douleur lui « bouffe » l’existence, l’occupe tout entière… Et comment ne pas la comprendre ? Elle a raison quand elle délivre ce message auprès des jeunes femmes : si vous le pouvez, n’attendez pas trop longtemps… Rappelons que l’âge de la première grossesse est passé de 24,2 ans en 1978 à 29,7 ans aujourd’hui. Laurence Boccolini vient nous dire de façon très juste qu’un enfant ne vient jamais sur commande…

Mais pour autant, la douleur, même profondément compréhensible, éminemment respectable, ne peut pas ouvrir tous les droits. Et la compassion ne doit pas nous empêcher de dire que ce livre est vide. Se considérer comme une victime, même d’un malheur aussi grand, ne donne pas le droit à faire vendre n’importe quoi.

(1) «  Puisque les cigognes ont perdu mon adresse… » , de Laurence Boccolini, Ed. Plon, 140 p., 16 Euros.

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Vendredi 14 mars 2008


Par Timothée Duboc 

A en croire un article paru dans Libération cette semaine, de plus en plus de salariés souffriraient de travailler dans des bureaux sans cloisons, ces vastes plateaux dits en “open space”. Le désagrément principal ? L’impression d’être sans cesse épié par ses collègues. L’objectif recherché par les employeurs, on s’en doute, outre la volonté de rentabiliser les mètres carrés, est d’établir une meilleure communication, et donc d’efficacité.  ”Or la qualité et la productivité de ces échanges restent à mesurer”, relève une sociologue interviewée par le quotidien. 

Je tiens à apporter ma pierre au débat : relisez la note de Gilles Donada intitulée “Simulateur d’aube”. Il y relate une tranche de vie, dans un service semi-ouvert (”semi-paysager”, dit-on aussi), au sein de la rédaction de Pèlerin. Où l’on découvre que dans cette ruche où chacun s’active, l’on s’épie en effet et l’on communique tout autant. Quant à savoir si l’on est efficace… Je fais le pari que oui, même si je nous sais avant tout ”conviviaux” : j’avoue personnellement qu’avant cette conversation “professionnelle”, je n’avais jamais entendu parler de ces simulateurs d’aube et je me dis que je ne suis pas le seul. Qui sait si cette information sur le blog n’ouvrira pas de nouveaux horizons matinaux à l’un ou l’autre des internautes qui nous lisent ?  

  

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Vendredi 14 mars 2008


Par Timothée Duboc

Comme le dit Gilles, une chance que l’électrochoc évoqué par la dame courtisée n’ait pas provoqué chez le “joli coeur” sexagénaire un arrêt cardiaque… ç’aurait été vraiment dommage, d’autant plus si l’on considère qu’au bout du compte, cette histoire, aux vertus vivifiantes, a contribué au bonheur de deux couples. 

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