Archive la catégorie ‘Connaissance de soi’

Excédent de bagages

Vendredi, août 29th, 2008

couple_lookvoyage.bmpFraîchement revenu de vacances, valise à peine débouclée, vidée, rangée, j’ouvre ma boîte mail professionnelle et, sous l’avalanche de spams accumulés durant trois semaines d’absence, découvre ce communiqué de presse (more…)

Ma seconde peau & moi

Jeudi, août 28th, 2008

Ma manière de m’habiller a longtemps été le cadet de mes soucis. (more…)

Père Benoît Sévenier : “La virginité n’est pas une fin soi”

Jeudi, juin 5th, 2008

Par Gilles Donada

Dans cette affaire d’annulation de mariage pour cause de non-virginité, nous avons eu envie de recueillir le point de vue du Père Benoît Sévenier, aumônier national des centres de préparation au mariage. Une analyse éclairante.

Comment avez-vous réagi à l’annulation du mariage pour non-virginité ?
- Cette affaire met en lumière une détresse peu nommée : celle de ces femmes qui vivent une discrimination qui peut les pousser au suicide ou dégénérer en représailles familiales, voire « crime d’honneur » (un meurtre par l’un des membres de leur famille pour « laver » l’honneur du groupe).. J’ai moi-même personnellement été en contact par mail avec des femmes qui vivaient cette inquiétude autour de la virginité pour le mariage.

A quelle occasion ?
- Il y a quelques années, suite à la publication sur notre site d’un texte sur la virginité avant le mariage. J’avais reçu de nombreux courriels de femmes maghrébines qui pensaient que chrétiens et musulmans partageait la même vision de la virginité.

Certaines me demandaient des adresses de chirurgiens qui leur permettent de reconstruire l’hymen. D’autres voulaient savoir jusqu’où aller dans les rapports intimes pour ne pas porter atteinte à la virginité ! Quelle violence vécue ! Je les avais réorientées vers des associations de femmes qui accompagnent les femmes victimes de discriminations.

Quelle est la vision chrétienne sur cette question ?
- Il faut d’abord se mettre au clair sur les mots qu’on utilise pour ne pas tout mélanger. L’Eglise invite les futurs époux à la continence jusqu’au mariage. La continence, c’est l’absence de rapports sexuels. Pourquoi ? Parce que, pour l’Eglise, la sexualité humaine réunit le plaisir, la relation et la fécondité. La dissociation de ces trois dimensions ne permet pas un accomplissement de l’être humain. Ces trois aspects sont unifiés par un don total de soi, don vécu dans le mariage.

La virginité, quant à elle, indique le fait de n’avoir jamais eu de rapports sexuels. La virginité n’est pas une fin en soi. Saint Augustin est père de famille avant d’être l’évêque connu de tous. D’autres saints ont eu une vie affective peu rigoureuse avant de choisir le Christ. Leur absence de virginité ne les as pas empêchés de vivre la chasteté.

Le mot « chasteté » est à l’origine de nombreux contre sens. On le confond avec la continence. La chasteté, c’est la capacité de respecter l’autre pour ce qu’il est, de trouver la bonne distance, d’accepter sa différence, son altérité. Les prêtres et les moines sont appelés à vivre la chasteté dans la continence, les couples la vivent dans l’union sexuelle.

Qu’est-ce que cette affaire révèle ?
- Sur le fond, il s’agit du risque d’oublier qu’un être humain est indissociablement un corps, un cœur et une âme. Un aspect biologique ne dit pas le tout de la personne. Dans un texte sur la maternité, le cardinal Ratzinger, alors préfet de congrégation pour la doctrine de la foi, mettait en garde contre « toute prétention d’enfermer les femmes dans un destin qui serait simplement biologique ».

Dans cette affaire, il semblerait que cet homme ne voulait pas vivre en paix avec une femme qui n’était pas vierge. Par ailleurs, cela pose la question de la réciprocité dans le couple. Exige-t-on de l’homme qu’il prouve sa virginité avant le mariage Enfin, il me semble que le pardon, ouverture de l’avenir à l’autre fait partie de l’amour. La vérité est un chemin à construire, elle se vit dans le pardon. Comment la dimension relationnelle du mariage est-elle si absente des commentaires ?

Silence

Vendredi, mai 9th, 2008

Par Timothée Duboc 

Prolongeant le dossier Famille qui explore le thème du mensonge et qui paraît cette semaine dans le n°6545 de Pèlerin (daté du 8 mai), Emmanuelle Lepetit, la journaliste qui a signé l’article, nous  fait part du témoignage que lui a confié Sylvie, 45 ans, dont la mère a toujours refusé de dire la vérité sur son père :  

« Au début, je ne savais pas. Puis, j’ai compris. Quand j’étais petite, aussi loin que je me souvienne, ma mère était mariée. Son mari était très gentil avec moi. Mais il n’était pas de la même couleur que moi. J’ai compris qu’il ne pouvait pas être mon père.

Bientôt, j’ai eu un frère. Puis une sœur. Eux aussi n’étaient pas de la même couleur que moi. J’ai commencé à poser des questions à ma mère et elle m’a dit : « tu es trop jeune pour comprendre ». Mon beau-père, lui, ne disait rien. J’ai attendu : rien n’est venu.

A l’adolescence, je me suis sentie très mal, j’ai recommencé à interroger ma mère. Elle éludait les questions. J’ai compris, toute seule, que je devais être une enfant illégitime, née hors mariage, d’une première liaison. A l’époque, cela signifiait beaucoup, surtout à la campagne (nous vivions en Bretagne). Ma mère devait se sentir coupable, elle voulait faire une croix sur cette partie de sa vie en la cachant, par le silence. J’ai grandi avec ce secret, ce silence.

Bientôt, j’ai arrêté de poser des questions. J’avais honte. J’imaginais le pire : un inceste, un viol, qui sait ? Je n’osais plus parler. A ma majorité, je suis partie, très vite. Je me suis mariée. Je suis tombée enceinte. Mon mari s’est noyé peu avant que j’accouche. Mon fils n’a pas connu son père. J’ai beaucoup souffert, c’est comme si l’histoire se répétait mais j’ai tout raconté à mon fils. Je lui ai parlé de son père. Je lui ai dit que je ne connaissais pas le mien. Je ne voulais pas qu’il souffre comme moi et, en effet, il va bien, c’est un garçon épanoui.

Il y a quelques années, je suis tombée malade du zona. Aujourd’hui la maladie me paralyse : je suis clouée sur un fauteuil roulant. A vrai dire, je ne sais pas si c’est cette maladie qui me paralyse. Il y a deux ans, avec mon fils, nous sommes allés chez ma mère : nous voulions obtenir la vérité. Nous avons osé poser des questions. Elle s’est murée dans le silence. Elle a 67 ans. J’en ai 45, mon fils en a 17. Il suffirait d’un nom, de quelques phrases, pour nous libérer tous les trois. Pour surtout me libérer moi. Le pire, c’est que je n’arrive pas à ressentir de colère ou de haine pour ma mère. En quelque sorte,  je n’existe pas. »

Echo d’une souffrance indicible, qui contraste avec la tonalité des autres témoignages recueillis par Emmanuelle Lepetit et qui nourrissent le dossier, où il est plutôt question de ces menus mensonges et autres petites tricheries du quotidien auxquels nous avons plus souvent recours que nous ne l’admettons.

Mais la triste histoire de Sylvie illustre pleinement le propos de la théologienne Véronique Margron, interrogée par notre journaliste : “(…) cacher des vérités trop longtemps débouche sur une relation d’emprise, qui peut être familiale, conjugale, amicale ou professionnelle. La vérité libère toujours l’autre de nous-mêmes… c’est la peur de libérer l’autre qui nous pousse à mentir !” Puisse cette mère rompre le silence et permettre à sa fille d’exister, enfin.

A propos des casse-pieds

Vendredi, mars 28th, 2008

Par Timothée Duboc

Quelle idée avons-nous eue de programmer ce sujet sur les casse-pieds qui paraît cette semaine dans les pages Famille de Pèlerin ? C’était oublier que la ligne éditoriale de notre publication veut que nous nourrissions chaque thème traité par des témoignages… Or, pour avoir mené l’enquête, je peux attester de la difficulté de dénicher trois ou quatre quidams prêts à reconnaître leurs petits ou gros travers et, surtout, prêts à en parler à un journaliste ! C’est qu’en présence de mon bloc-notes, les gros poissons se dérobaient, les bouches se fermaient, les cibles potentielles se carapataient les unes après les autres…

D’aucuns me souffleront que j’aurais pu parler de moi et puiser dans le vivant exemple que je me procure à moi-même - et qu’endure mon entourage - la matière à un témoignage de premier choix. A ceux-là je réponds que c’eût été faire une grave entorse à cette règle journalistique élémentaire que tout membre de la profession respecte scrupuleusement - hormis, à la rigueur, l’éditorialiste de service ou le chroniqueur patenté : un rédacteur n’écrit pas au “je” dans les colonnes de sa publication. C’est pourquoi j’ai préféré m’effacer… Commode argument ? Peut-être, mais tellement imparable que je ne vois aucune raison de m’en priver !

Et puis, il y a ces bourdes que j’ai commises et répétées. Voulant m’ouvrir de mon sujet à tel ou tel collègue en cours d’enquête, en vue d’échanger sur tel ou tel aspect plus ou moins technique, ou bien sollicitant l’analyse d’un expert, j’ai plus d’une fois pris langue avec mon interlocuteur en lui assénant un calamiteux : “Je suis en train d’écrire un article sur les casse-pieds, et j’ai pensé à toi /vous pour éclairer ma lanterne…” Sur certains sujets, sous peine de faire chou blanc, il faut soigner sa communication, je m’en rends compte a posteriori.

Les témoignages que j’ai fini par glaner - précieuses pépites pour l’orpailleur qui sommeille en tout journaliste - ce sont toutes des femmes qui me les ont confiés. Plus “transparentes” et plus prolixes. Plus attentives à la qualité des relations nouées avec l’entourage, peut-être aussi. Plus lucides, plus honnêtes, qui sait ? Et plus exigeantes, selon Maryse Pascau, conseillère conjugale et familiale,  que j’ai interrogée. Lorsqu’un couple consulte pour toutes sortes de difficultés, c’est, dans la très grande majorité des cas, à l’initiative de la femme. Endurant moins volontiers la médiocrité, repérant plus vite le malaise ou la souffrance, elles sont également plus enclines à se remettre en question. Promptes à se plaindre des relations dégradées avec un conjoint colérique, soupçonneux ou centré sur lui-même, elles le sont aussi à pointer leurs propres mauvais côtés. 

Pour finir sur le sujet, deux mots à propos d’un livre sur la “gestion” des “personnalités difficiles au quotidien”, paru il y a quelques mois. Je n’ai pas envie de nommer l’éditeur - qui par ailleurs produit aussi de bons ouvrages. Juste envie de dénoncer une entreprise un peu répugnante, celle, indiquée en quatrième page de couverture et résumée en “l’art de ne plus traîner les boulets” : “le paresseux, le cupide, l’incompétent, le dominateur, l’idiot, le malheureux chronique… (…) que ce soit au sein d’une équipe ou en famille“. Le seul souci affiché par les auteurs, trois consultants en formation et management, est pragmatique : réduire leur capacité de nuisance - celle des “boulets” qui nous pourrissent la vie, entendons-nous bien - avec, au choix, deux possibilités : “les remettre au travail ou oser s’en séparer“.

J’ose espérer que ce trio ne sévit que dans le milieu de l’entreprise (ce qui ne serait d’ailleurs qu’une moitié de consolation)… 

A consommer avec modération

Vendredi, mars 14th, 2008

Par Timothée Duboc

Comme le dit Gilles, une chance que l’électrochoc évoqué par la dame courtisée n’ait pas provoqué chez le “joli coeur” sexagénaire un arrêt cardiaque… ç’aurait été vraiment dommage, d’autant plus si l’on considère qu’au bout du compte, cette histoire, aux vertus vivifiantes, a contribué au bonheur de deux couples. 

Simulateur d’aube

Mardi, mars 11th, 2008

Par Gilles Donada

L’article sur l’influence de la météo sur nos humeurs (que l’on doit à notre talentueuse Iz du TiGiliZ) a déclenché une discussion animée dans notre service.

Tout a commencé par l’incroyable révélation de Christophe, le responsable du site pelerin.info, qui travaille à deux blocs de bureaux (soit 6 mètres environ de mon bureau : je viens de mesurer la distance à grandes enjambées). Sa chère et tendre lui a offert à Noël dernier “un révélateur d’aube”.

“Un quoi ?”, lançons-nous en choeur.

“On dit simulateur d’aube !”, dit la voix venue de l’autre côté de nos rayons de bibliothèque, occultée par une splendide tenture bleue.

Maryvonne, notre collègue spécialiste ès religion et… simulateur d’aube, quitte aussitôt son bureau en contournant les bibliothèques pour nous rejoindre.

Que les choses soient claires : le simulateur d’aube n’a rien à voir avec une quelconque contrefaçon dans le domaine du vêtement liturgique.

“Je voulais en acheter un pour mon mari qui a du mal à se réveiller en hiver, reprend Maryvonne décidément très informée sur la simulation aurorale.  Il faut aussi que j’en offre un à ma soeur… Moi, je n’en ai pas besoin. Je me réveille toute seule à 6h, quoi qu’il advienne. Je n’ai jamais aimé l’effet douche froide de la sonnerie du réveil”.

Nous nous tournons vers Christophe qui a le privilège d’expérimenter les bénéfices du réveil du 3ème millénaire.

“Ce qui est bien avec le simulateur d’aube, détaille-t-il, c’est que je me réveille sans m’en rendre compte. Je règle l’appareil 20 mn avant l’heure désirée et il diffuse une lumière qui devient de plus en plus  intense dans la pièce. Le réveil n’est pas brutal… Je me lève sans ressentir l’habituel effet pesant… Maintenant, j’ai une autre qualité de réveil ! C’est un vrai bonheur !”, conclut l’enthousiaste internaute en chef. 

Nous retournons vaquer à nos affaires, rayonnant intérieurement d’une lumière nouvelle ; et habités, désormais, d’une confiance inébranlable dans le progrès scientifique.

Avenir des femmes, avenir des hommes

Vendredi, mars 7th, 2008

Par Timothée Duboc

A la veille de la Journée de la femme, j’avais envie de revenir sur cette rencontre avec des lectrices qui donne la matière du Dossier “Etre une femme en 2008″, dans les pages Famille de Pèlerin, cette semaine. 

Ce que j’en retiens, c’est, toutes générations confondues, le sentiment du chemin parcouru. “Je n’avais pas conscience que jusqu’en 1965, une femme devait avoir l’autorisation de son mari pour obtenir un carnet de chèques”, a ainsi confié la plus jeune des participantes à cette table-ronde, qui n’était pas née à cette date. 

Positives, mais sans candeur excessive, elles étaient unanimes à pointer les endroits où le bât blesse encore : l’inégalité de traitement des carrières professionnelles entre hommes et femmes, les violences conjugales si répandues… Cette vigilance, pourtant, n’en poussait aucune à adhérer à cette vision guerrière conduisant à transformer les deux sexes en ennemis irréductibles. Tant mieux pour tous. Sans indulgence ni résignation, mais plutôt confiantes en l’avenir, ces lectrices.

Qui sait si ces bonnes dispositions n’auraient pas été mises à mal à la lecture du tout récent sondage Tns Sofres pour la revue masculine FHM “L’homme idéal vu par les hommes”. Où l’on découvre que le muscle reste un critère de poids. Un homme sur quatre - tous âges confondus - aimerait en effet avoir le corps athlétique du rugbyman Frédéric Michalak. Pourquoi pas ? Après tout, ce garçon est sûrement un digne représentant de la gente masculine. Et qui sait- au juste - si les femmes n’auraient pas le même souhait en matière d’apparence ? Sauf que la question posée aux hommes ne portait pas sur l’apparence physique, la silhouette ou l’image… elle portait sur l’homme. Et celui-là, son avenir, il m’inspire parfois moins confiance…