Archive la catégorie ‘Education’

Des réponses à vos questions de parents

Vendredi, octobre 3rd, 2008

Vos questions de parents


Les questions sur leurs enfants, les parents n’en manquent pas ! Mais où trouver les réponses ? Sur vosquestionsdeparents.com, pardi ! … (more…)

Sérénité des bébés

Mardi, juillet 29th, 2008

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Le droit de garde opposable est l’idée centrale du rapport que la députée UMP Michèle Tabarot vient de remettre à François Fillon. Rappelons-en le principe : tout parent qui ne se verrait pas proposer une solution de garde pour ses enfants de moins de trois ans pourrait saisir la justice. L’idée est séduisante mais, de l’avis même du rapporteur, pas simple à mettre en œuvre, si l’on garde à l’esprit qu’il manquerait 322 000 places en crèche ou chez les assistantes maternelles, estimation sous-évaluée à en croire les calculs de la Cnaf qui évalue les besoins à 430 000 places.Une situation dont pâtissent les parents qui, selon les études, seraient 7 sur 10 à privilégier un accueil en structure pour leurs enfants, à une allocation permettant de financer une garde à domicile.

Et les enfants ? Difficile de demander leur avis à des tout-petits, certes. Faute d’entendre leur point de vue, on lira avec intérêt l’ouvrage signé par Didier-Marie Guénin, intitulé L’enfant de la distance, à paraître le 17 septembre, aux Puf, qui s’intéresse à la place que les enfants occupent vraiment dans la société.

Un livre que l’auteur, sociologue, déclare « né d’un étonnement, celui de percevoir que les enfants d’ici et d’aujourd’hui sont élevés hors du monde, alors même que les enfants des sociétés dites traditionnelles ou les enfants d’hier semblaient élevés dans les jambes de leurs mères, ou dans l’atelier de leur père (…). Hier ou là-bas, l’enfant vit au cœur de la société des adultes. Alors que quand j’observe notre société (…), je ne vois pas d’enfants. Ils sont cantonnés à un univers spécialisé : la crèche, les établissements scolaires, les terrains de sport ou les cours d’éveils variés. »

Récemment réunis à Paris, les membres de l’Association nationale des psychologues pour la petite enfance (Anapsy) s’inquiètent de leur côté de ce que nous préparons dès le berceau une génération de futurs hyperactifs. Elles soulignent le risque que présente pour les bébés le fractionnement de leur emploi du temps et de leur accompagnement par des personnes et en des lieux multiples, rançon de l’évolution de nos sociétés vers une gestion « où rapidité, immédiateté, efficience et rentabilité sont les mots d’ordre ».

Trouver des solutions permettant de concilier vie professionnelle et garde des enfants est une nécessité. Mais attention au prix qu’on leur fait payer, y compris aux plus jeunes d’entre eux. L’un des enjeux les plus épineux de l’éducation pourrait bien être, désormais, de concilier vie professionnelle et sérénité des enfants.

Timothée Duboc

Désamorcer une canette secouée

Mercredi, juillet 2nd, 2008

Par Gilles Donada

On trouve des trucs formidables sur internet. En cet instant, j’ai une pensée particulière pour les parents chargés comme des baudets qui claudiquent en direction des quelques centimètres de plage libre pour y déposer leurs serviettes, parasol, bouée, glacière, ballon, bobs et casquettes, raquettes, panier à pic-nic.

Le petit a soif (il vous le répète depuis un quart d’heure sur tous les tons). La créature au bord de la déshydratation décide, sans attendre plus longtemps une quelconque consigne parentale, de se jetter sur la première canette venue, arrachée ainsi à la bienheureuse fraîcheur de sa glacière.

Le pauvre innocent ignore que la boîte métallique a été copieusement secouée durant le trajet. Et ce qui doit arriver arrive.

Pschitt ! font les bulles colorées et sucrées qui bouillonnent en s’échappant de l’orifice de la canette pour venir maculer le bermuda et T-shirt du bambin assoifé…Regards incrédules des parents, brouillés par la sueur estivale.

Roulement de tambour.

Mesdames et Messieurs, chers parents, voici LA parade qui permet d’ouvrir - sans risque - une canette de soda préablement secouée.

Nous sommes des bêtes !

Vendredi, juin 27th, 2008

Par Gilles Donada

Plus jeune, j’avais plutôt la dent dure contre les “mémères à chien-chien”, tant leur intérêt pour un quadrupède jappant et bavant me semblait incompréhensible. Et leur leitmotiv ”Les animaux, eux au moins, sont fidèles” avait le don de me hérisser le poil. Mais j’ai compris depuis que cette remarque révélait, en creux, leurs blessures et leurs déception devant l’inhumanité de certains de nos frères bipèdes.

J’ai découvert que la présence d’un chien assure aux personnes âgées une petite heure de marche par jour en moyenne : il faut bien sortir Médor matin et soir pour qu’il fasse ses besoins. Ces sorties sont, en outre, une occasion de maintenir des liens de proximité. Sur le trottoir, entre maîtres et maîtresses, on échange facilement des petits mots canins.

Ma chère voisine octogénaire a sa maison remplie de photos de son fidèle Douchka, un caniche au regard brillant décédé il y a une dizaine d’années. Ma voisine, qui vit seule, refuse de prendre un nouvel animal de compagnie car elle s’inquiète du sort qui sera réservé à son chien après sa mort…

Confidence pour confidence, je suis plutôt de la secte des miaou-miaou que de celle des ouaf-ouaf. Tradition familiale… Nous disposons  d’ailleurs à la maison d’un modèle particulièrement soyeux nommé Luna : une sorte de chat aux allures de peluche à la queue en plumeau.

Luna en phase d’hyperactivité

Luna dans sa phase hyperactive…

Son activité (si je peux employer ce mot) est fascinante : elle passe le plus clair de son temps à se prélasser sur le carrelage et les différentres sièges de la maison. Les seuls vestiges de son instinct félin se cristalise lors de chasses vespérales où elle traque le moucheron étourdi et le papillon égaré. 

Luna a noué une singulière amitié avec le chat d’une voisine. Ce matou, noir comme le charbon, surgit du fond de la nuit car il s’appelle Zorro. Matin et soir, ils se donnent rendez-vous pour jouer commes des gamins : ils se poursuivent, se sautent dessus, roulent dans l’herbe enchevêtrés, et s’invitent, à tour de rôle sur les canapés de  leurs maîtres respectifs, voire sur celui de la maîtresse de feu Douchka.

Véritable personnage, Luna est devenu, à ma grande surprise (teintée de gêne, je l’avoue)  le 5e membre de la famille. On s’inquiète de savoir si elle a bien mangé, on accueille son arrivée par un “Luna !” sonore, on vérifie qu’elle n’a pas découché, on la brosse régulièrement… En espagnol, un chat se dit gato ; nous, nous sommes plutôt gâteux. En français dans le texte.

C’est mon fils qui avait adopté Luna à l’époque où elle pouvait encore tenir dans la paume de la main. Ma fille de 14 ans a trouvé en elle une compagne discrète qui, elle au moins, ne lui reproche pas le désordre de sa chambre mais qui au contraire en apprécier le charme en se lovant sur les monceaux d’habits qui traînent sur le sol.

Quant à ma femme, elle considère Luna comme un véritable doudou : elle ne peut pas fermer l’oeil tant que la boule de poils n’a pas pris ses quartiers nocturnes dans notre chambre…

Et vous, quelles relations avez-vous tissées avec votre animal de compagnie (chat, chien, lapin, hamster, cochon d’Inde, ménate, rat, serpent…) ?

Quels rapport entretiennent vos enfants, votre famille et vos aînés avec nos amis les bêtes ?

J’attends vos témoignages !

Téléphone portable : prenez vos précautions !

Mardi, juin 17th, 2008

Par Gilles Donada

Comment ne pas lire sans frémir l’appel, relayé par le Journal du Dimanche (du 15 juin 2008), des 20 scientifiques sur les risques provoqués par l’utilisation du téléphone portable sur le cerveau, notamment sur celui des enfants de moins de 12 ans (lire le texte intégral de l’appel).

Si les scientifiques n’ont pas encore assez de recul pour mesurer précisément l’impact des champs magnétiques du portable sur le corps humain, ils en savent déjà assez pour émettre des recommandations qui n’ont rien de rassurant.

Pour l’instant, les opérateurs de téléphonie se taisent. N’est-on pas à la veille d’un scandale du type de celui de l’amiante ?

Pénétration des champs électromagnétiques des téléphones portables au niveau du cerveau
Pénétration des ondes électromagnétiques
dans le cerveau humain en fonction de l’âge.

Les 10 conseils des scientifiques

1. N’autorisez pas les enfants de moins de 12 ans à utiliser un téléphone portable sauf en cas d’urgence. En effet, les organes en développement (du foetus ou de l’enfant) sont les plus sensibles à l’influence possible de l’exposition aux champs électromagnétiques.

2. Lors de vos communications, essayez autant que possible de maintenir le téléphone à plus d’1 m du corps (l’amplitude du champ baisse de quatre fois à 10 cm, et elle est cinquante fois inférieure à 1 m.

Dès que possible, utilisez le mode « haut-parleur » ou un kit mains libres équipé d’un tube à air dans ses derniers 20 cm qui semble moins conduire les ondes électromagnétiques qu’un kit mains libres filaire traditionnel,ou une oreillette bluetooth (moins d’1/100e de l’émission électromagnétique du téléphone en moyenne).

3. Restez à plus d’un mètre de distance d’une personne en communication, et évitez d’utiliser votre téléphone portable dans des lieux publics comme le métro, le train ou le bus où vous exposez passivement vos voisins proches au champ électromagnétique de votre appareil.

4. Evitez le plus possible de porter un téléphone mobile sur vous, même en veille. Ne pas le laisser à proximité de votre corps la nuit (sous l’oreiller ou sur la table de nuit) et particulièrement dans le cas des femmes enceintes – ou alors le mettre en mode « avion » ou « hors ligne/off line » qui a l’effet de couper les émissions électromagnétiques.

5. Si vous devez le porter sur vous, assurez vous que la face « clavier » soit dirigée vers votre corps et la face « antenne » (puissance maximale du champ) vers l’extérieur.

6. N’utilisez votre téléphone portable que pour établir le contact ou pour des conversations de quelques minutes seulement (les effets biologiques sont directement liés à la durée d’exposition). Il est préférable de rappeler ensuite d’un téléphone fixe filaire (et non d’un téléphone sans fil -DECT- qui utilise une technologie à micro-ondes apparentée à celle des portables).

7. Quand vous utilisez votre téléphone portable, changez de côté régulièrement, et avant de mettre le téléphone portable contre l’oreille, attendez que votre correspondant ait décroché (baisse de la puissance du champ électromagnétique émis).

8. Evitez d’utiliser le portable lorsque la force du signal est faible ou lors de déplacements rapides comme en voiture ou en train (augmentation maximale et automatique de la puissance lors des tentatives de raccordement à une nouvelle antenne relais ou à une antenne distante).

9. Communiquez par SMS plutôt que par téléphone (limite la durée d’exposition et la proximité du corps). p>

10. Choisissez un appareil avec le Débit d’Absorption Spécifique (DAS) le plus bas possible par rapport à vos besoins (le DAS mesure la puissance absorbée par le corps). Un classement des DAS des téléphones contemporains des différents fabricants est disponible sur www.guerir.fr, le site de David Servan-Schreiber, professeur de psychiatrie clinique et coordinateur de cet appel.

Ces pères qui n’oublient pas de le rester

Dimanche, juin 15th, 2008

Par Timothée Duboc

Il y a une réelle tendance, parmi ceux qu’on a coutume de nommer ”leaders d’opinion”, à promouvoir le modèle du père qui s’investit dans l’éducation des enfants. Je pense au récent portrait, dans Le Monde (édition du 16-05-08) du nouveau boss de la Société Générale, Frédéric Oudéa, fringant quadra qui succède à Daniel Bouton. La journaliste Anne Michel, qui a signé l’article, rapporte :  ” (…) Le nouveau directeur général affirme qu’il n’est pas prêt à tout sacrifier pour sa nouvelle vie. Façon de peaufiner son image de patron zen nouvelle génération ? “Je suis le seul dirigeant du CAC 40 qui sort de chez lui le matin avec une couche bébé à la main”, lance-t-il un brin bêcheur.”

Dans l’édition datée du 23 mai de ce même quotidien, Michelle Obama, l’épouse du candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, déclare quant à elle, sous la plume de Corine Lesnes  : “Nous sommes un jeune couple avec de jeunes enfants […]. Nous continuons à vivre la même vie que la plupart des Américains.”La journaliste d’expliquer : ” Michelle, 44 ans, avait des réticences quand son mari s’est lancé dans la course à l’investiture du Parti démocrate à la présidentielle. Elle voulait préserver leur vie de famille. Elle voulait savoir, aussi, si Barack avait des chances face à la “machine” Clinton ou s’ils perdaient leur temps. Elle n’a dit oui qu’en posant ses conditions : que Malia, 9 ans, et Sasha, 6 ans, voient leur père une fois par semaine. Et qu’il arrête de fumer. Ce qu’il a fait.”

Certes, dans ce second cas, l’on voit bien l’importance du rôle de l’épouse dans les arbitrages vie familiale - vie professionnelle (et publique !). Mais tout laisse à penser que les conditions qu’elle a pu poser relèvent d’une vision partagée dans le couple et non d’un rapport de forces. Barack Obama vote ainsi sûrement pour la vie de famille, lui aussi, et pour une présence accrue du père auprès de ses enfants.

Si c’est bien sûr auprès de leurs femmes ou compagnes que les jeunes pères qui travaillent trouvent aujourd’hui les alliés les plus impliqués sur ce terrain, ils s’en découvrent de plus en plus souvent au sein même de leurs entreprises, en la personne de leurs supérieurs hiérarchiques. C’est ce que l’on comprend en lisant le dossier signé par Muriel Rivault dans les pages Famille du numéro de Pèlerin en vente chez les marchands de journaux cette semaine.

Où l’on découvre qu’un changement de mentalité en profondeur se dessine dans la nouvelle génération des jeunes managers. Adieu la figure du père pour qui seul comptait le travail… “Aujourd’hui, quand ces cadres deviennent pères, ils suppriment sans hésiter les réunions à 18 heures pour rentrer plus tôt chez eux, et tout le monde suit. Demain, ils dirigeront les entreprises. Voilà un avenir prometteur pour les familles !” observe Bénédicte Bertin-Mourot, une sociologue au CNRS, spécialiste du sujet, qu’a interviewée notre journaliste. Sans attendre demain, bonne fête à tous les papas.

    

Poussières d’étoiles

Vendredi, mai 16th, 2008

Par Gilles Donada 

 Pluie de météorites

Voici une petite expérience scientifique très divertissante qui m’a été soufflée par Bertrand Flouret de l’observatoire de Paris. L’objectif ? Recueillir des poussières de météorites. Gratifiant, non ?

Il suffit de se munir d’une large bassine (évitez celles qui sont trop creuses), remplissez-la à moitié d’eau et placez-la sur un point haut à ciel ouvert, évidemment.

Après deux ou trois  jours, passez un aimant à la surface de l’eau : toutes les particules qui seront attirées sont de la poussière de météorites. Celle-ci a, en effet, la propriété de flotter et d’être métalique. Un petit conseil : emballez votre aimant dans un film plastique : vous pourrez plus aisément retirer les particules ainsi recueillies.

Si vous voulez connaître les meilleures périodes pour sortir votre bassine, reportez vous à ce site qui indique les ”principaux essaims météoritiques” ainsi que leur date de passage dans notre hémisphère.

Si vous avez testé l’expérience, racontez-la moi !

Recommencement

Dimanche, avril 27th, 2008

Par Timothée Duboc

Votre fils, grand adolescent auquel l’état-civil donne le statut et les prérogatives des adultes depuis quelques mois, fait preuve, à vos yeux, d’une notable incohérence en passant la soirée et une partie de la nuit au dehors, l’avant veille d’examens scolaires, dont l’importance ne fait pas débat (même pas entre le père et le fils…). Contrarié au possible, le lendemain, vous hésitez quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de l’intéressé, à son réveil.

Sollicitée, votre propre mère - la grand-mère dudit grand adolescent -, en visite sur la ligne de front au moment du casus belli, a son idée sur la question. “Puisque tu me demandes mon avis, je te réponds ce que je pense : il ne me paraît pas judicieux de t’affronter avec lui à la veille de ses examens. S’il a agi ainsi, c’est qu’il avait besoin de se détendre. A son âge, une bonne soirée entre copains vaut parfois mieux que tout autre programme. ” 

Eberlué, vous scrutez un signe, une moue codée qui viendrait atténuer - ou invalider - son propos subversif. Que nenni. Ses paroles étaient sincères. Sont-ce les grands-mères qui n’ont rien à voir avec les mères qu’elles furent, ou leurs fils qui ont oublié qu’ils n’ont pas toujours été des pères ?

Questions d’autorité

Vendredi, février 29th, 2008

Par Isabelle Vial

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Sur la gauche de mon bureau, à Pèlerin, il y a une grande pile de livres - une « ziggourat » m’a appris une collègue lettrée (1). Ce sont les livres que nous recevons au service Famille et que nous trions en diverses catégories (« intéressant », « à lire », « pas pour nous »…).

Parfois, dans l’amoncellement d’ouvrages que l’on reçoit, figure un livre qui retient l’attention dès la première lecture et que j’emporterai chez moi pour le lire au calme. Une pépite.

« L’autorité expliquée aux parents » (2) , un livre d’entretiens avec la psychanalyste Claude Halmos, est de ceux-là : nuancés, intelligents… bref, précieux. Il faut dire que cette psychanalyste, formée notamment par Françoise Dolto dont elle partage le talent de pédagogue, est enthousiasmante. Claire, précise, jamais « jargonneuse » ni complaisante avec les modes. Des propos généralement lumineux. Du genre : une fois qu’on l’a écoutée, on se sent plus intelligent, Archimède découvrant la poussée du même nom et criant « Eurêka ! ».

Bref, je plonge dans ce livre d’entretiens avec gourmandise. Et voilà enfin un ouvrage qui ne donne pas de leçons aux parents, qui ne dit pas : « Il faut faire ci » ou « Comment ? Vous ne faites pas ça ? ». Non, il s’agit d’un ouvrage plein d’humanité : d’abord, il essaye de comprendre les difficultés des parents débordés par les enfants qui ne veulent pas obéir.

Pour Claude Halmos, ces parents « sont obsédés par la crainte de voir souffrir (leur enfant) ». Elle explique : « L’autorité aujourd’hui fait peur. Elle effraye les parents. Parce qu’ils s’imaginent qu’elle ne pourrait être que ce qu’elle fut souvent autrefois : un instrument destiné à soumettre l’enfant au pouvoir des adultes. Et susceptible de ce fait de porter atteinte à sa liberté, à sa personnalité et à sa créativité » (page 12).

Elle souligne avec force qu’une autre autorité existe qui, «  non seulement ne détruit pas les enfants mais constitue le point d’appui essentiel de leur développement et de leur épanouissement ».

Un monde sans interdits, sans limites, plonge en effet les enfants dans l’angoisse, « dans une sorte de pays sans cartes routières ni noms de villes », dit-elle joliment. Elle explique pourquoi l’autorité est indispensable aux enfants, mais aussi pourquoi ils s’y opposent toujours : éduquer, c’est aider un enfant à devenir « civilisé », ce qui n’est pas donné au départ, contrairement à certaines idées d’inspiration rousseauiste. Cela signifie lui permettre d’intégrer les règles et les lois, en les lui expliquant bien sûr, mais en exigeant qu’il les respecte et en le sanctionnant s’il les transgresse.

Ensuite, c’est un livre qui dit avec force qu’il n’existe pas de parent « incompétent ». Non, il y a juste des parents qui trimballent, parfois sans le savoir, beaucoup de problèmes dans leur « sac à dos ». Et pour imposer une autorité – en tant que parents dit Claude Halmos, mais après tout, au travail et dans la vie aussi…- il faut « se sentir légitime », être certain qu’on agit de façon « juste ». Tout comme, rappelle-t-elle opportunément, il n’existe pas d’enfant uniquement insupportable : « Un enfant insupportable est toujours un enfant en difficulté ».

Voilà donc un ouvrage rassurant parce qu’il redonne sa place à chacun : il n’infantilise pas les parents, en les considérant comme des adultes irresponsables ou incapables, et il rappelle que ce n’est pas aux enfants de faire le boulot des parents.

En refermant ce livre, on se dit que forcément, tout va être plus facile. Même si Claude Halmos nous met en garde, avec humour : «  Les livres ne sont pas des baguettes magiques ». « Maman, je peux avoir un deuxième Chamallow ? », me crie, de la cuisine, ma fille de quatre ans. Les travaux pratiques commencent dès maintenant !…

(1) La plus célèbre fut la Tour de Babel…

2) L’autorité expliquée aux parents de Claude Halmos, entretiens avec Hélène Mathieu, éditions Nil, 168 p., 18 €. Voir aussi la recension de ce livre dans la rubrique « C’est bon à savoir » des pages Famille de Pèlerin N° 6539 du 27 mars 2008.

Tabou

Vendredi, février 15th, 2008

Par Timothée Duboc 

Pas encore vu le film qu’évoque Gilles Donada dans sa précédente note mais les critiques que j’ai pu lire dans les journaux donnent elles aussi envie d’aller au cinéma. Sous ses allures de production hollywoodienne un peu convenue, ce film aborde en tout cas un vrai sujet, sans se contenter de l’effleurer.

Au-delà du fait que pour des parents, une adolescente enceinte relève du cauchemar, ce film a le mérite de lever un coin de voile sur un autre sujet, à propos duquel Françoise Blaise-Kopp, psychologue et conseillère de la rédaction, avait attiré mon attention il y a quelques temps : la violence feutrée exercée par la société des adultes à l’encontre des adolescents et des très jeunes gens, auxquels elle interdit d’exprimer certains désirs et certains rêves… comme celui, pour plus d’adolescentes qu’on ne l’imagine, d’avoir des enfants.

Cela en fait un tabou qui empêche un dialogue plus qu’utile entre les générations : en prenant en considération les jeunes dans leurs aspirations les plus diverses – si inadéquates ou saugrenues puissent-elles paraître – on leur donnerait à penser qu’ils / elles ont toute leur place dans ce monde qu’on leur prépare, et l’on serait plus à même de les inciter à différer (de quelques années…) certains projets.

Mieux respecté(e)s, plus attentivement entendu(e)s, qui sait si certain(e)s ne renonceraient pas à ce que les psys ont l’habitude d’appeler des « passages à l’acte » ? Les conduites à risques qu’adoptent les ados, nous disent ces mêmes spécialistes, sont souvent une manière détournée pour eux de se prouver qu’ils existent…  

Réjouissante Juno !

Mercredi, février 13th, 2008

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Par Gilles Donada 

Profitez-en pendant que le film est encore à l’écran : allez voir Juno ! Le pitch (résumé) de ce film est le cauchemard de tout parent : 

Juno McGuff, une lycéenne effrontée de 16 ans, tombe enceinte de Bleeker, un camarade de classe aux allures d’échalas qui l’appelle tendrement “Ma magicienne”.

Le premier réflexe de Juno est de se rendre dans un centre de consultation en vue d’avorter mais elle décide finalement de garder l’enfant et se met en quête de parents adoptifs….

Le réalisateur Jason Reitman, porté par Ellen Page,  la très prometteuse  actrice canadienne de 21 ans, nous entraîne dans le monde de Juno, sa famille, ses copines… Nous découvrons le visage d’un père divorcé, tendre et très présent auprès de sa fille ; d’une belle-mère, apparemment revêche qui se révèle, elle aussi, un trésor de soutien.

Juno, qui se moque du regard des autres, avance avec confiance, son gros ventre en avant au milieu du regard effaré de ses camarades de classe et ceux, plus méprisants, de certains adultes.

Elle impose sa présence auprès de Mark et Vanessa Loring, le couple adoptant qu’elle a trouvé grâce aux petites annonces. On découvre, avec Juno, combien le désir d’enfant à tout prix peut mettre à l’épreuve un couple, surtout quand les attentes entre le mari et la femme ne sont pas les mêmes…

Ce film est porté par une grâce, une légèreté, un humour tout à fait singuliers, qui contrastent avec le thème, a priori dramatique.

Juno est portée par une force de vie communicative qui perdure une fois l’écran de cinéma éteint.