Filles de pub
Par Gilles Donada
Christophe, notre internaute en chef de pelerin.info, vient se planter devant notre bureau (celui de Timothée et le mien, qui se font face) pour nous raconter son dernier échange avec ses deux filles aînées.
Après avoir lu un article sur le projet de suppression de la publicité sur la télévision publique, l’aînée s’est écriée : “Mais c’est incroyable ça ! Comment va-t-on maintenant être informé de l’arrivée de la dernière console ou d’un parfum, si on n’a plus la pub ?!”
Son père, qui préfère de loin voir la pub s’afficher sur notre site (eh oui, sur internet, même le gratuit a un coût…) que se déverser dans son salon lui fait remarquer qu’on peut vivre sans pub. Malheur ! Que n’avait-il dit ! “L’idée de vivre sans pub lui paraissait aussi terrible que celle de perdre son toit !”, constate le papa interloqué.
Et voilà sa seconde fille qui entre dans la danse. “S’il y a moins de pub à la télé, il y en aura plus dans les journaux, raisonne-t-elle. Alors les gens seront obligés d’en acheter davantage, s’ils veulent lire de la pub.”
Pour Christophe, le point de vue de ses filles a valeur de scoop : “Pour elles, la pub, c’est de l’information”. Un blasphème pour un journaliste, soucieux de distinguer communication et information !
Pourtant, un récent sondage TNS Sofres sur les Français et la publicité, observe que ce mode de communication est le plus prisé chez “les moins de 35 ans et les classes moyennes et populaires”.
“On attend bien sur [de la plublicité] qu’elle soit claire (46%), informative (32%) mais également drôle (31%), créative (26%), étonnante (18%) et même belle (12%). L’émotionnel et le rationnel doivent ainsi aujourd’hui plus encore se conjuguer pour qu’au final la publicité remplisse son contrat de base et provoquer l’envie d’acheter (28%).”
Une invitation à regarder la pub sous un autre jour. Sans, pour autant, se laisser aveugler.
02/05/2008

