Recommencement
Par Timothée Duboc
Votre fils, grand adolescent auquel l’état-civil donne le statut et les prérogatives des adultes depuis quelques mois, fait preuve, à vos yeux, d’une notable incohérence en passant la soirée et une partie de la nuit au dehors, l’avant veille d’examens scolaires, dont l’importance ne fait pas débat (même pas entre le père et le fils…). Contrarié au possible, le lendemain, vous hésitez quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de l’intéressé, à son réveil.
Sollicitée, votre propre mère - la grand-mère dudit grand adolescent -, en visite sur la ligne de front au moment du casus belli, a son idée sur la question. “Puisque tu me demandes mon avis, je te réponds ce que je pense : il ne me paraît pas judicieux de t’affronter avec lui à la veille de ses examens. S’il a agi ainsi, c’est qu’il avait besoin de se détendre. A son âge, une bonne soirée entre copains vaut parfois mieux que tout autre programme. ”
Eberlué, vous scrutez un signe, une moue codée qui viendrait atténuer - ou invalider - son propos subversif. Que nenni. Ses paroles étaient sincères. Sont-ce les grands-mères qui n’ont rien à voir avec les mères qu’elles furent, ou leurs fils qui ont oublié qu’ils n’ont pas toujours été des pères ?
27/04/2008

