Sommeil du couple et cinéma
Par Timothée Duboc
L’article qu’Isabelle O’Neill consacre cette semaine au sommeil du couple (”Pas facile de dormir à deux”), dans les pages Famille, lève un coin du voile sur la chambre à coucher, lieu par excellence de l’intimité du couple. Qui l’eût cru ? C’est aussi un espace culturel, voire le lieu des particularismes nationaux.
En matière de literie, les Français sont ainsi très attachés au lit double (entre 20 et 65 ans, 96 % des couples revendiquent le fait de dormir dans un lit à deux places, selon une récente étude de l’association pour la promotion de la literie). Et cela, dans un lit de 140 cm de largeur pour 60 % d’entre eux. Les couples américains préfèrent, eux l’”extra king size”, les Allemands partagent la même chambre mais ont des lits séparés…
La “norme” semble peser sur les esprits au point que ceux qui dorment mal à deux (25 % des couples, d’après l’enquête) ont bien des réticences à envisager de faire lit à part. Et l’on ne parle pas ici de faire chambre à part, comme le font de plus en plus de couples outre-atlantique. “La faute au cinéma”, écrit le thérapeute conjugal Robert Neuburger, interrogé par Isabelle O’Neill. Car l’image associée à la notion d’amour conjugal est, dans nos représentations contemporaines, celle d’un couple enlacé. Dès lors, peut-on aller contre un tel fait culturel ? Peut-on s’aimer et préférer dormir séparé ? C’est loin d’être évident, dans un pays peuplé d’incorrigibles romantiques…
11/04/2008

