L’infidélité est-elle une vertu ?
Par Gilles Donada
L’infidélité est un moyen de mettre du piment dans son couple, de briser la routine, nous susurre cycliquement la presse féminine, rejointe ponctuellement par quelques hebdos généralistes blasés.
A les entendre, l’infidélité serait le nouveau gadget du couple “moderne” à ranger aux côtés de l’incontournable sex toy (godemichet), qui a désormais son magazine en kiosque…
J’opposerai le témoignage lumineux, recueilli ce matin, de cette femme d’une cinquantaine d’années, mariée, avec enfants, qui me racontait comment elle avait été courtisée par un sexagénaire, tout aussi marié et père de famille.
En tant que femme, elle fut touchée de sentir “ce regard bon et positif” posée sur elle à un moment où elle en avait “besoin”, me confia-elle. Mais elle ne laissa pas l’équivoque s’installer.
Si nous ne sommes pas responsables de nos attirances involontaires, qui sont dictées par l’alchimie de l’affectivité humaine, nous avons toujours la liberté de décider de ce que nous voulons en faire : y céder ou pas (il est toujours intéressant, disent les thérapeutes de couples, de s’interroger et de nommer ce qui nous attire précisément chez l’autre : cela révèle, en creux, nos désirs profonds et nos attentes jusque-là non satisfaites dans notre couple).
“Je lui ai répondu, poursuit mon interlocutrice : je suis une femme libre (au sens où je ne me sens pas comme emprisonnée dans mon mariage) et je ne suis pas disponible pour vous.”
Ce “rateau” produisit l’effet d’un “électrochoc” sur le galant éconduit. Une fois le refus digéré, il pris conscience qu’il avait négligé sa femme depuis bien trop longtemps. Puis vint le moment où il lui en fut même reconnaissant d’avoir osé lui opposer un “non !”, tout aussi ferme que courtois. A partir de ce jour-là, il sentit renaître en lui le désir de reconquérir sa femme.
13/03/2008

