La messe en famille, quel marathon !

Par Isabelle Vial 

La messe, un moment de retrouvailles avec la communauté, de repos, d’apaisement, de retour sur une semaine chargée ? Jusqu’à dimanche dernier, j’aurais pu le croire. Mais non, la messe, c’est du sport, et pas que physique. Ca demande une endurance et une adaptation de tous les instants. Jugez-en plutôt.

Tout commence par la troisième fuite d’eau dans l’école de ma fille. « La troi-siè-me ! Vous vous rendez-compte ? », rugit à mes oreilles une mère de l’école sur le parvis, scandalisée. Le temps d’apaiser son courroux, nous voilà à cavaler comme des beaux diables (!) pour rattraper notre retard. Lectures. C’est le moment que choisit mon fils de 11 mois pour tripoter gentiment les cheveux de la dame assise sur le banc devant nous. Du coup, mon attention s’égare : je concentre tous mes efforts pour l’empêcher de tirer sur les longues mèches en s’époumonnant, tout fiérot, « ababa-babaaaaa ».

Ensuite, voilà que la chargée de l’équipe de laïcs, qui prépare la messe chaque semaine, nous annonce que ce dimanche, l’équipe s’est trouvée dans une impasse et a eu une idée éclatante : pas d’homélie qui tienne aujourd’hui, non, voilà chacun renvoyé à ses réflexions intérieures, avec quelques pistes quand même : « quelles ont été les grandes ruptures de votre vie ? Les renaissances après les coups durs ?… » Chacun est invité à réfléchir en silence.

Mes réflexions viennent à peine de quitter l’écume superficielle et les réponses évidentes, qu’une amie me tapote le bras : « tu n’es pas au courant ? L’éveil à la foi des 4/6 ans a changé de date : c’est aujourd’hui ! ». La relecture de ma vie allait commencer, la voilà déjà terminée ! Je prends ma fille par la main, la fais descendre dans la crypte : je compte bien l’y abandonner lâchement, histoire de retrouver le fil de mes pensées et… de ma prière.

Peine perdue ! «  Il y a beaucoup de malades, je suis toute seule avec les enfants, tu ne pourrais pas rester ? », me susurre la responsable du jour. D’en bas, un œil sur les enfants occupés à dessiner Jésus, Moïse, Elie et la « nuée lumineuse » (Matthieu 17, 1-9) , je me surprends à rêver de pouvoir un jour suivre tranquillement une célébration de bout en bout, assise.

A peine remontée à temps pour l’Eucharistie, j’ai l’impression d’attraper l’hostie au vol….

Voilà déjà la messe terminée. Encore juste un petit renseignement à glisser au prêtre. Averti sans doute de mes allées et venues, le voilà qui me renvoie chez moi avec un clin d’œil appuyé : « A bientôt, et prie en paix ! » On n’aurait pas mieux dit. Vivement lundi, qu’on puisse prier tranquille !

22/02/2008

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