Dossier contraception : Eglise et société, l’incompréhension ?

par Gilles Donada

Au cours de mon enquête sur la contraception par dans Pèlerin (“Contraception : ce que les hommes en disent” Pèlerin n°6528) , j’ai mesuré combien le débat sur le thème de la contraception et de l’avortement est obscurci par la différence de langage qu’utilisent l’Eglise et les pouvoirs publics. Une différence de langage qui renvoie à des différences plus fondamentales de vision de la vie.

Pour l’Eglise, la vie commence dès la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde, les médecins, quant à eux, ne parlent de grossesse qu’à partir du moment où l’œuf est arrivé à se ”nider” sur la paroi utérine.

D’où le quiproquo autour du débat sur “la pilule du lendemain”, entre autres. Celle-ci a pour effet, d’une part, de bloquer ou retarder l’ovulation, mais aussi, au cas où la fécondation aurait déjà eu lieu, d’empêcher la nidation de l’œuf fécondé (l’embryon) sur l’utérus.

C’est à cause de son effet “anti-nidatoire” que l’Eglise déclare cette pilule “abortive” (lire la déclaration du Comité pontifical pour la vie) ; alors que pour les médecins, il ne s’agit pas d’un avortement puisque, à leurs yeux, il n’y a grossesse qu’à partir du moment où il y a eu des échanges sanguins entre l’embryon et le corps de la mère. C’est l’explication que développe sur son blog le Dr Martin Winckler dans une note intitulée « le stérilet est-il abortif ? »

Dans son livre “Choisir sa contraception” (Fleurus 2007), le même Dr Martin Winckler tire la sonnette d’alarme sur la déresponsabilisation des couples en matière de maîtrise des naissances, faute d’éclairages et de conseils pertinents.

 ”Utiliser une contraception, c’est faire un choix de vie, écrit l’auteur qui consacre - fait remarquable - 3 pages aux méthodes de régulation naturelles. Mais, pour être exercé librement […] ce choix doit être assumé en connaissance de cause par les femmes et les couples.”
Assumer un choix en connaissance de cause, voilà bien tout l’enjeu, pour les couples, de ce débat sur la contraception. En espérant que notre dossier y a modestement contribué.

18/01/2008

Une Réponse pour “Dossier contraception : Eglise et société, l’incompréhension ?”

  1. Redigé par poireau:

    voilà la vérité sur le stérilet, elle va déplaire peut-être à certains, mais ceux qui sont dénués d’a priori idéologiques suaront l’apprécier pour ce qu’elle est, les autres seront agacés mais c’est leur problème.

    le stérilet comme il était utilisé il ya quelques décénies était un antinidatoire : c’est à dire qu’il empechait la nidation du zygotte fécondé. la nidation a lieu entre entre le 5e et le 14e jour après la fécondation. il a donc un effet abortif c’est à dire qu’il entraine l’élimination du fétus fécondé.

    Après le débat est lié a une superbe supercherie terminologique du genre “dormez bonnes gens, nous pensons à votre place” : scientifiquement il est plus qu’observé depuis les découvertes génétiques notamment de l’ADN, que le foetus possède tous les éléments de son identité dès la fécondation, ce qui d’un point de vue purement scientifique implique de reconnaître dès la fécondation l’existence d’un être individué dont toutes les potentialités sont réunies et qui est donc constitué. Le bon sens l’avait déjà comme acquis intuitivement : en effet dans tous les ouvrages de médecine qui existent depuis des siècles la grossesse était définie comme cette période qui va de la fécondation à la naissance.

    C’est là que la manipulation idéologique a lieu : aujourd’hui, et ce depuis 20 ans, la grossesse a été redéfinie alors même que les conclusions de la science confirmaient le fait que le foetus était formé dès la fécondation : de nos jours la grossesse ne commence plus qu’à la nidation réalisée. On a donc changé de définition, et chacun peut le vérifier en cherchant dans n’importe quel dictionnaire ou sur internet la définition de grossesse: le sens classique et commun du mot, enfin celui qui correspond à la réalité, est encore bien présent même dans les éditions tout public récentes.
    Les raisons de ce changement de définition sont diverses; mais la question est ailleurs. Ce n’est pas le moment de la grossesse qui détermine qu’un moyen comme le stérilet soit abortif ou non : l’avortement se rapporte au foetus, pas à son mode de présence plus ou moins avancé dans l’organisme féminin. La notion d’avortement se rapporte au foetus et force est de constater scientifiquement, que cela plaise ou non, que le foetus est bien formé dès la fécondation (ex. possesion du patrimoine génétique complet).
    Ainsi tout moyen qui possède un effet anti-nidatoire, parfois en plus d’un effet spermicide, est à juste titre qualifiable d’abortif. Le stérilet brut est un antinidatoire utilisé depuis l’antiquité. Les stérilet plus récents ayant des manchons de cuivres ou enduits de substances spermicides sont contraceptifs et abortifs : les 2. Et quand on l’utilise il n’est bien évidement pas possible de savoir quel est l’effet qui a fonctionné car bien sûr aucun n’est tout à fait fiable (ce qui explique que certaines femmes ont quand même des grossesses avec stérilet à double effet).
    Le fait que la femme enceinte de quelques jours ne voit pas la différence est normal: le foetus formé à la fécondation qui n’est encore qu’un amas de cellules part avec les règles sans que cela se voit. De fait, la plupart des moyens de contraception associent un effet anti-nidatoire à leur effet spermicides et anti-ovulatoires. Mais c’est une autre question.
    L’article de Martin Winckler auquel vous faites référence est bel exemple de langue de bois : il est volontairement imprécis sur la question de la grosesse et n’explique pas que le changement de terminologie ne change rien à la réalité, et il est en outre truffé de syllogisme en disant par exemple qu’une preuve que le stérilet n’est pas abortif est que des femmes le portant ont eu des enfants. Or d’une part un moyen peut être défectueux sans que cela remette en question son effet causal normal et d’autre part on ne saurait expliquer pourquoi le stérilet brut (sans l’effet contraceptif spermicide) a été utilisé durant tant d’année (aussi sur les animaux) s’il n’avait aucun effet.
    Voilà le point scientifique sur le stérilet, qu’il plaise ou non. Il est regrettable que des vérités médicales aussi élémentaires soient contestées par des médecins eux-mêmes en vue de déresponsabiliser les gens vis à vis de leur sexualité. La médecine n’est pas affaire d’opinion idéologique.

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